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Atelier du 17 novembre 2009

  UNE SPHÈRE - UN CUBE

extrait

mercredi 18 novembre 2009, par Catherine Manuel-Lamarque

L’écriture n’est pas automatique. L’écriture est revolver, elle tourne en rond. Elle est parfois tranchante comme une sabre, effilée comme un poignard. Comme une lame noire sur une page blanche.

On peut prendre l’écriture comme on prend les armes, pour défendre une cause, ses idées, sa liberté. On peut entrer en écriture comme on entre dans les ordres et devenir copiste, autiste, paralysé.

Le texte est un autoportrait, en clair ou en codé. déclamé, murmuré, slamé ou récité, il parle de son auteur, quel qu’en soit le niveau. Il dévoile ou trahit, affiche ou bien suggère.

Dis-moi pourquoi t’écris ? Dis-moi pourquoi ces cris ?

Dis-moi pourquoi je crie ? Sur qui ?

L’écrit n’est jamais acquis, il reste insaisissable, fuyant et capricieux. L’écrit doit être lu, relu. L’écrit relie.

J’écris et tu médites, c’est un rêve absolu. J’écris et tu réfléchis, tu me renvoies une image. L’écriture me fait miroiter l’immortalité.

L’écriture est sacrée et demande des sacrifices. L’écriture est passion et se fait crucifier par ceux qui ne croient pas en elle.

Écrire dans les étoiles, devenir une star, tremper une plume d’ange dans l’encre de la nuit. Écrire comme un dieu, foudroyer de sa plume, féconder de ses mots les mortels consentants. Écrire un nouveau monde et le coloniser, le peupler, le détruire et puis recommencer.

L’écriture donne la vie, l’écriture ravit.

La lettre crée l’univers, elle est information et si je le choisis, elle devient communion.

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