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Atelier du 7 octobre 2008

  ¡ OLÉ !

Écriture dans des cercles

mardi 14 octobre 2008, par Alfred M

Comment faire ? Comment m’en sortir ?

Impossible de faire marche arrière.

Comme un robot, je m’habille. Ma tête bourdonne, mes genoux flageolent. J’étouffe, mon costume m’oppresse.

Penser à rajouter du coton hydrophile dans mon slip.

Je sais, c’est ridicule, mais c’est dans mon contrat.

Je les entends hurler dehors, enfin, je les imagine.

Les toreros prient, c’est bien connu, et vous savez pourquoi ? Je vais vous le dire : ils demandent à la Vierge et à tous les saints qu’il pleuve des trombes d’eau. Un bel orage avec deux seaux d’eau au mètre carré en vingt minutes.

Terrain impraticable, course annulée.

Je scrute le ciel, définitivement bleu.

Je crois que je vais vomir.

Je suis sûr que je me suis trompé de vie. je n’ai jamais choisi de naître fils de torero.

Dire qu’il y en a pour qui c’est un rêve…

Remarque, certains s’en sortent plutôt bien. J’en connais un qui fait le chanteur et le comédien. Putain de veinard de s’en être sorti.

Mais où est-ce que j’ai merdé pour me retrouver à faire comme mon père ? Et si je détournais ma propre voiture ? Je kidnappe le chauffeur en le menaçant de mon épée et direction l’étranger. Loin de ce pays de barbares.

Je n’ai aucune chance, ma gueule est plus connue que les Beatles, je serais repéré au bout de trois cents mètres.

J’veux pas y aller. Salaud d’Hemingway !

J’veux pas mourir, j’veux pas souffrir, j’veux pas être seul

J’veux vivre comme tout le monde, j’veux vivre pour moi, je veux la paix, la sérénité.

Je veux de l’avenir, du futur, du demain, de l’après.

Arriver à ce soir.

Rendre les armes plutôt que vomir mes tripes.

Have a good trip, manger encore des oreilles de porc.

Je jure devant Dieu de ne plus jamais manger un steak, de renoncer à la blanquette, au ris de veau, à la côte de bœuf.

Total respect pour le bovin s’il venait à pleuvoir, à grêler, un ouragan.

Un typhon, font font…

LA COMPLAINTE DU TORERO La vie s’évade La vie se gagne La vie se pert

Sur la paille Sur le sable Sur un tapis vert

La vie ça roule La vie nous roule Passe et impair

Sur du velours Au pied du mur Le mors aux dents

La vie ça file La vie ça grouille Ça fout la trouille

Cape et épée Sang et or Repos du guerrier

La vie se sème La vie essaime La vie je l’aime

Sur tes lèvres Sur tous les tons À cors et à cris

La vie ça rime La vie ça rame La vie à Rome

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