Atelier du 8 janvier 2008
vendredi 8 février 2008, par Yves P
Pensées d’avant rêve
Quelles sont donc ces idées insensées qui me viennent, par le canal de mes pensées, interroger mon existence ? Ou prennent elles source ? Ou prennent elles corps ?
Elle s’écoulent puis se minéralisent, se cristallisent et, jaillissent parfois, d’une clarté et d’une évidence rare.
Le rêve :
Au départ du rêve, c’est moi l’idée. Cette chose si difficile à représenter d’ordinaire est une personne donc.
Les choses se mettent en place, sans transitions. Classique pour un rêve. Je suis, enfin l’idée, se trouve logée au niveau de mon cortex. En suspension dans une solution liquide assez libre de venir et d’aller. Je regarde les autres idées. Les idées en cours (très peu nombreuses par temps de rêve), les idées sédimentées, les idées en cours de destruction …
Tiens, j’en vois une qui se dirige, tranquille, comme le bouchon d’une canne à pèche, vers le broyeur d’idées.
Je monte dans un sous marin de poche et pars à la découverte de mon corps. J’attrape au vol un souvenir d’enfance. Je fais le tour de moi-même. Je navigue en moi-même. Enivrantes découvertes. Visions de l’intérieur. Les artères toutes propres, les organes, en fonctions.
Pur bonheur méta-narcissique.
Je suis comme une starlette dans un bain moussant, observant avec délectation le bout du bout de ses doigts de pieds.
…. Et tout à coup, je sens la fin du rêve venir. Mon sous marin prends de la vitesse. J’en perds le contrôle. Je dévale un long canal, au bord de l’asphyxie … et me réveille, moi, le vrai moi, la couche humide et l’assurance d’être en pleine santé.
Pensée d’après rêve
Satisfaction sans gène.
Evidence de moi-même.
Simple, comme cette eau fumante extrême orientale.
Les volutes se dévoilent, montent en guirlandes et disparaissent, mystère, dans la lumière du matin.
Je suis moi. Avec ce qui m’entoure, avec ce que je porte.
Rien ni personne ne vient le contredire.
Ce silence ? Une véritable ovation, de ce monde qui m’admire, qui me reconnait.
Je suis moi, pour l’éternité de cet infime instant.