jeudi 30 août 2007, par Claire
Longtemps il avait regardé sa montre. Ca faisait maintenant plus d’une demi-heure qu’elle n’avait pas recommencé. Ca lui laissait un peu de temps pour se calmer. Ces colères successives l’épuisaient mais il n’y pouvait rien. Ca montait en lui comme un feu d’artifice et ça explosait.
Entre chacune d’elles, il se reposait.
Elle, pendant ce temps-là, nonchalante, ne se préoccupait pas de ses états d’âme à lui. Quand la tempête éclatait, elle aussi se sentait mal. C’était comme si tout se brouillait mais ça ne la dérangeait pas plus que ça. Ces moments-là, elle les laissait passer.
Toutes ces disputes se passaient dans la maison familiale où Martin, disparu maintenant depuis de nombreuses années, vivait. C’était un artiste et les murs étaient couverts de ses tableaux. On connaissait son goût pour les femmes ; il y avait eu Julie qu’il avait aimé passionnément et Martha, toutes deux rousses. C’est pourquoi, on pouvait voir accrochés au mur des portraits de ces dames peints sur de vieux sacs de charbon.
Il était dans un moment calme. Elle faisait une sieste.
Il en profita pour utiliser son ordinateur portable et répondre à ses e-mails. Son bel ordinateur à l’écran bleu qu’il aimait tant. Ca le détendrait au moins le temps du sommeil de sa femme.
Les moments où ils se retrouvaient tous les deux à l’unisson étaient rares. Il ne se passait souvent pas plus d’une heure sans qu’une nouvelle dispute éclate. Et pourtant ces deux êtres-là s’aimaient passionnément. Ils étaient tout le temps ensemble, c’était un amour fusionnel entrecoupé de violentes engueulades.
Tout le monde ne comprenait pas et c’était gênant pour l’entourage. Ils avaient pourtant de nombreux amis et chacun rentrait dans le jeu.
Elle continuait à vivre sur sa planète et lui piquait régulièrement ses crises. C’était comme ça.
Damned ! C’était donc cela l’amour ?
Claire