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  Ogum

Poser des questions à son personnage

jeudi 26 octobre 2006, par Alfred M

- Question d’Alfred à Ogum

Je te demande de m’enseigner comment peuvent cohabiter l’homme et le femme en toi, l’homme et la femme en moi.

- Réponse d’Ogum

J’ai muselé l’ombre. Je l’ai ligotée. Elle me suit, pas à pas. Lorsque le monde est calme, que l’extérieur est apaisé, je peux alors ôter ma cuirasse, déposer mon sabre. Je deviens légère, rieuse et je peux me retourner. Je dénoue délicatement un lien pour libérer une part d’ombre. Je peux l’écouter et l’éclairer. Avec du temps et de la patience, je vois l’ombre se réduire. Hélas, lorsque l’extérieur me sollicite, je dois revêtir à nouveau mon armure et faire front. Souvent, l’exaltation du combat me transforme. D’assailli je deviens assaillant. L’ivresse de l’action me transporte au delà de la lumière . je crée de l’ombre et réalimente mon fardeau… pour protéger ma part belle, ma part femelle.

- Alfred 2004

Tu es donc porteur du mal et du remède. Tout ça paraît donc infini. Comment s’en sortir ?

- Ogum

C’est toi qui m’alimentes, par tes actes, tes choix, tes pensées et tes désirs. Si tu veux la paix, crée la paix. Si tu veux la guerre, reste tel que tu es.

Ogum se dénude entièrement et revêt sa cuirasse sur sa peau puis il enfile sa robe par dessus. C’est l’image féminine qui apparaît alors en premier. Il transforme son sabre en miroir, l’oriflamme en peigne et utilise son collier comme un chapelet.

- Monologue d’Ogum

Je veille

J’éveille

Ou j’endors

à jamais…

Malheur à celui qui vient me réveiller.

J’ai perdu le compte de ceux qui ont cru me maîtriser.

Nul ne sait, lorsqu’il me déclenche, ce qu’il faudra pour m’apaiser.

Ils sont derrière moi ceux qui m’ont défié. Ceux qui ont cru vivre par l’épée ont péri par la mienne : Obé.

Elle n’arrête pas le sang, elle le fait couler.

C’est ma fonction, pour qu’enfin les hommes comprennent la valeur de la paix, de l’amour et de la fraternité.

Je vois arriver des pèlerins. Ils auront mon soutien, j’ouvrirai leur chemin et les guiderai jusqu’au fond de leur cœur. Ils luttent contre eux-mêmes.

C’est de bonne guerre…

- Commentaire d’Alfred

Tu sais, personnellement je préfère quand tu déposes Obé au râtelier et que tu enfiles ta robe. C’est plus léger. Ca me donne beaucoup plus envie de te suivre. Le style gros bras, regard d’acier et cuirasse du même métal, ça me file des complexes. Je crois que j’aurais plus de courage pour courir derrière une fille que pour courir vers l’enemi. À l’odeur de sang et de sueur, je préfère le parfum capiteux de la femme amoureuse. Je sais bien que certains pensent qu’il faut se battre, conquérir une femme. On n’est jamais sûr de la garder. Je préfère la séduction. Je préfère qu’elle se donne. Donner, c’est donner, prendre c’est violer. J’ai besoin d’échanger, recevoir et offrir, parler et écouter. Faire un bout de chemin ensemble. Se soutenir, s’élever. J’aimerais en fait que tu deviennes un dieu ancien, un dieu de légende. Un dieu obsolète et désaffecté. Un dieu de contes de fées. « Il était une fois, dans des temps très anciens, un dieu brillant et fort qu’on appelait Ogum, dieu de la guerre »
- C’est quoi la guerre grand-père ? Tu vois le genre ? Ca te ferait des vacances. Tu pourrais te reconvertir en dieu des chemins à plein temps. Un super GPS si tu veux. Si tu tiens absolument à Obé, tu pourrais t’en servir pour crever un pneu, de temps en temps, à celui qui a fait fausse route par exemple. J’ai l’impression que tu as souri… À la guerre comme à la guerre !

- Le dernier mot à Ogum

Nos chemins se sont croisés ce soir et j’ai envie que nous restions en contact. Mes compagnons Orishas et moi-même avons apprécié cette escapade iconoclaste dans ton pays de mécréants. Danse avec Yansa et Logunedé. Pense à l’éventail de Yemanja les jours de grand vent. Je sais que tu seras avec moi lors de tes guerres intestines. Tu as su me faire sourire, tu sauras prendre du recul pour rire de toi même. Sinon Obé s’en chargera tous les mois. À ta santé-ria !

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