jeudi 12 octobre 2006
La pluie, petit frère, elle tombe. Je ris éberluée, fascinée. Il pleut des mots. Il pleut des mots qui sentent bons, des mots magnolia, des mots labyrinthe. Ils glissent, me caressent. Des éclats de joie illuminent mon visage . J’attrape une gitane et mes talons claquent au sol. Le parfums des lilas sont comme autant d’exhalaisons
qui me grisent et m’emportent où j’aimerais partir. J’avais si soif, me voici ivre de toutes ces senteurs, de toutes ces couleurs qui pleuvent sur moi et tout alentour. Mes pieds, mes jambes perçoivent comme un appel, celui d’une Afrique imaginaire où m’attendraient mes sœurs-gazelles et mes frères-léopards. Je sens la sécheresse de cette terre lointaine et je m’égare dans une méditation incommensurable qui me porte aux confins de l’univers.
Bing ! et tape ce cœur sur le tempo de l’imaginaire. Danse petit frère sur les rythmes de radio-Tombouctou. Dans le tourbillon de tes songes vole comme l’épervier avec l’enthousiasme d’un guerrier et frappe, frappe le son-cactus, celui qui pique et dérange, celui qui froisse, démange et fait grincer les dents. Alors viendra la pluie, la gitane
au corps luisant et aux poignets cerclés d’or, le vieux qui caresse sa guitare de ses mains ridées.
Cette connivence petit frère, elle est en nous. Sous cette pluie de mots, qui nous empêche de faire des claquettes ? Personne. Alors dansons les mots, claquons les verbes, enchantons les volutes de la langue, savourons l’indéfini, saupoudrons d’imparfait nos amours, goûtons le futur, aimons le palimpseste… Oh, j’allais oublier le dernier mot sec, sèche, sécheresse, tendresse, ivresse, caresse et l’ultime mot de la faim : GOURMANDISE.
Audrey Houlet Sylvie Dhotel Sylvie Ortig Catherine Manuel Béatrice George